Le silence
Texte initial
Mon grand-père, le père de mon père, pouvait rester dans le silence durant des jours entiers.
Lorsque je me rendais chez lui en vacances, il venait me chercher sur le quai de la petite gare de Vallon-en-Sully, me saluait d’un bon sourire en m’ébouriffant les cheveux, puis nous prenions la route vers Chazemais dans la vieille Ami 8 toussotante, tirant un peu à gauche.
Une nuit, alors que mon train était arrivé tard, nous heurtâmes la 2CV de la coiffeuse de Chazemais qui se rendait au bal.
J’avais 12 ans.
Premier accident.
Le choc fut lent, comme ralenti. (…)
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