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6 avril 2026 — Le dibbouk

6 avril 2026

Je ne crois pas à la perte définitive des êtres et des choses. Je ne crois pas que la conscience se situe dans le cerveau. Je ne crois pas que l’infini a une fin. Je crois que la perte existe pour que les retrouvailles existent, que la fin existe pour que l’élan vers l’inachevé se maintienne. Je crois à l’épuisement pour retrouver son souffle. Je crois à la forme patatoïde de la Terre.

Il est plausible que je sois un homme archaïque. Tout ce qui constitue une surface me conduit irrémédiablement vers la profondeur. Je ne crois pas qu’il existe une très grande différence entre surface et profondeur. Il s’agit juste d’une simple différence d’état d’esprit. Il est plausible que je me lamente seulement parce que j’éprouve un trop plein de joie. Ou que parfois ça soit le contraire.

Je suis parvenu à m’habituer même à ma dentition synthétique au point d’oublier que je possède désormais une dentition synthétique. Mais je ne croque pas dans une pomme. Je reste malgré tout assez prudent. Je pense qu’il y a une cohérence tellement forte quelque part, avant ce que je nomme « moi » qu’il peut faire tout et n’importe quoi pour tenter de s’en défaire, il ne peut pas y parvenir.

Je suis parvenu au chapitre 5 de l’Art de la fiction avec une certaine facilité. La seule difficulté que j’ai à présent est de trouver un logo pour accompagner ce foutu chapitre. Voilà le genre de peccadille sur quoi je peux buter, parce qu’à première vue ce sont bien des peccadilles, et certainement ensuite ce en sera toujours. J’aime le mot peccadille qui me rappelle espadrille, bien que je ne porte jamais d’espadrille.

J’ai pensé à un tracteur et j’ai trouvé un tracteur. Ce sera un logo pour le chapitre 5 de mes notes sur l’Art de la fiction. Un tracteur abandonné avec du lierre qui courre dessus, parce que ça me rappelle la tombe de Vincent et Théo dans le cimetière d’ Auvers-Sur-Oise.

Parce qu’aussi j’ai le sentiment d’arriver à la fin d’une histoire, et que je m’en réjouis.