5 avril 2026
Je travaille en ce moment sur des notes que j’ai réunies concernant The Art of Fiction de John Gardner et aussi On Becoming a Novelist. Peut-être que ce travail réveille quelque chose d’enfoui profondément, ce que je pourrais nommer une énergie qui, n’étant pas canalisée, aurait tendance à me détruire plus qu’autre chose.
Ce travail de notes, j’ai l’impression qu’il me fait du bien, qu’il me permet de canaliser cette énergie — en même temps je sais que je me mens encore une fois de plus, car cette énergie a besoin de la fiction pour véritablement trouver son but, sa fonction.
Il y a dans ces notes aussi une sorte de préparation, de la façon dont en parle Barthes dans La Préparation du roman. Un creusement en amont de certaines questions qui seraient restées en suspens, peut-être aussi une quête d’auto-validation.
Je suis seul face à l’écriture et ce n’est peut-être pas tant par choix que je le pensais. Je suis seul parce que je refuse — et c’est contradictoire avec cette quête d’auto-validation — parce que je ne veux pas être seulement encouragé ou rassuré, je veux être certain.
Certain n’existe pas en littérature, comme d’ailleurs nulle part en art, je l’ai suffisamment dit déjà. Mais alors certain de quoi ? C’est la question qui se suffit à elle-même.
L’atelier est en ordre juste ce qu’il faut. Je note ça en allant donner à manger à la chatte ce matin après le départ de S. pour un nouveau vide-grenier. Ces derniers jours, l’envie de revenir au dessin d’observation revient par vagues. Hier, j’ai taillé mes crayons. C. m’apprend qu’il existe un parc face à la gendarmerie où l’on peut marcher sans avoir à prendre la voiture. C’est quelque chose à noter, vingt minutes pour se rendre jusqu’à ce parc depuis la maison. Nous avons acheté des plantes aromatiques pour offrir à M. et C. chez qui nous avons dîné hier soir. C’est M qui nous accueille et nous conduit sur le côté de la maison, et là tout à coup la surprise de voir un cerisier en fleurs. Que c’est-il passé entre le premier choc esthétique éprouvé à l’âge de quatre ans et ce que j’éprouve soixante-deux ans après devant le même spectacle, c’est la même question que précédemment.
