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2 avril 2026 — Le dibbouk

2 avril 2026

Maintenant des oiseaux s’envolent. Je regarde par la fenêtre. Quelque chose a du les effrayer. Pourquoi moi n’ai-je rien entendu ? Je suis passé à la salle de bain pour prendre ma douche. J’ai repensé à tous ces oiseaux. et à ce bruit que je n’avais pas entendu. C’est là que j’ai commencé à sentir la vibration, dans le bac à douche.

Il avait oublié de mettre le sucre. Il avait relié les fils avec du scotch, l’andouille. Il pouvait mettre le feu à la baraque en un rien de temps avec ça. Heureusement j’en avais dans ma caisse à outil ce jour-là, la première fois que je rencontrai Ledib mon voisin de palier.

Est-ce que cette histoire de sucre était à prendre au pied de la lettre, et si oui de quelle lettre pouvait-il s’agir. En tous cas c’est ce jour là qu’on sympathisa Ledib et moi, juste pour un histoire de sucre et d’électricité.

Il y a une fille qui danse, jupe rouge yeux bridés mais ça ressemble plutôt à une africaine qu’à une chinoise elle danse à l’intérieur d’une spirale bleu avec deux autres personnages dont un porte des lunettes noires, sur le sol il y a une flaque jaune. La lumière est plus banche sur le rebord et l’on peut voir dans la pénombre quelques tâches brunes. Sur la surface de verre du bureau quelques reflets. S. entre dans la pièce et dit : tu pourrais ranger un peu mieux ce bureau et voit ce que je regarde encore ; elle ajoute : tu mettras tout dans le lave-vaisselle.

Si les choses étaient aussi faciles ça se saurait. On la prendrait dans la main, on la soupèserait peut-être, on l’installerait entre le pouce et l’index et on écraserait l’angle sur le papier. Ensuite pas la peine d’y aller comme un sourd. Il suffirait de penser à tout ce qui ne nous convient plus. D’en effacer lentement les contours. Et de recommencer.

Quelque chose semble marcher sur mon torse, ça m’écrabouille doucement et c’est ça qui me réveille. J’ouvre les yeux et je ne vois rien d’autre que le plafond. D’abord je ne vois rien d’autre que ça. Puis je plisse les yeux et je la vois. L’air tout autour ressemble à de l’eau.

Ce type interviewé vous parle de tout ça tellement normalement. Il raconterait une journée de boulot que ce serait pareil. C’est la même manière qu’on a vue et entendue plus d’une fois. Avec la bonne manière tu peux donc tout dire sans problème. Peut-être qu’on pourrait dire des choses tout à fait ordinaires avec une manière différente, et ça serait alors extraordinaire. Enfin ce que je voulais dire c’est que l’inverse fonctionne c’est tout.

Il y a dans l’écriture quelque chose à respecter avant toute chose c’est le moment où ça s’écrit

Et si ça s’amenait tel que tu le dis, avec cette sorte de sans-gène et que tu n’étais pas d’accord, pour une fois ?
tu ferais quoi, ou comment tu le sais pas d’avance n’est-ce pas. Il faudrait que tu réagisses pareil. Une sorte de réflexe pour parer le sans-gène qui soit une sorte de sans-gène aussi.

Ta réaction habituelle est de tourner les talons, mais c’est quoi le déclencheur, l’insupportable, tu y a déjà pensé, tu as déjà pris le temps d’y penser, après coup. Et si à chaque fois après coup tu parvenais à te rapprocher de ce qui te fait fuir. Pas d’un seul coup. Petit à petit comme on s’approche d’un chat inconnu.

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