noyau du noyau
juché tout en haut de mon vieux cerisier je mange des cerises d’un rouge presque noir. j’en suce longtemps le noyau avant de redescendre à terre.
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je l’admire parce que je sens qu’il ne tient pas compte des frontières de la morale tout en les connaissant bien ; il ne cesse de me les rappeler à chaque instant. Il a cette volonté de m’enseigner quelque chose qu’il a compris, il veut —coûte que coûte — que je le comprenne aussi. C’est sans doute pour cela que je le crains le plus car il m’entraîne vers un endroit sans fond. Il a déjà fait ça une fois pour m’apprendre à nager, à Saint-Bonnet. Il m’a porté alors que j’étais tout petit depuis la berge vers un endroit sans fond, et il m’a lâché. cette fois j’y passe . Je me noie. Mais, en même temps, je suis tellement en colère et désespéré que je réussis à nager, je ne sais pas comment, à rejoindre le bord. C’est seulement après que je parviens à me calmer, que je recommence à l’admirer.
