Peinture et poésie
Je m’aperçois que je lis de plus en plus de poésie depuis que j’ai créé ce blogue WordPress. Je ne vais pas citer les noms, car beaucoup ont du talent. Enfin pas maintenant, pas aujourd’hui, parce que j’essaie de ne pas perdre le fil de ce que je veux dire. Je voulais juste dire qu’on apprend beaucoup sur la peinture en lisant de la poésie. On sent tout de suite ce qui sonne juste et, hélas, parfois aussi les petits couacs. Encore que le couac peut être éminemment poétique s’il est placé au bon moment, au bon endroit… exactement comme une touche de jaune ou de rouge vif ! Il y a, dans tout ce que je lis, plusieurs catégories que j’affectionne. La première est la poésie écrite avec les mots les plus simples. Une poésie qu’un enfant pourrait lire et comprendre. La seconde, mais qui peut se confondre avec la première, est la poésie à trous… je marche et, soudain, slurp, mon pied s’enfonce, puis le corps tout entier : c’est un trou. Ce n’est pas du tout désagréable… il faut accepter le trou comme la découverte d’une vulnérabilité inédite. Une troisième ? Les oracles et Sibylles, là où je sais immédiatement qu’il n’y a rien à comprendre, mais se laisser porter par le sens sonore des mots, souvent bien plus efficaces, les fulgurances. De Staël disait qu’il y avait deux sortes de fulgurances en peinture : celle de l’autorité et celle de l’hésitation… je suis tout à fait d’accord, et ça vaut pour la poésie également. En lisant de la poésie, j’ai le sentiment parfois aussi de m’améliorer en maths, ce qui est une conséquence inouïe vu mon épaisseur dans le domaine. Transmettre une sensation avec peu de choses, presque rien, c’est d’une élégance… celle qui m’échappe, évidemment ! Tout comme mes crises de sobriété en peinture, en général, finissent mal. C’est juste une note en passant : j’ai voyagé depuis tôt le matin pour aller décrocher mon expo dans le Jura… donc je n’ai pas vraiment eu ma dose de mots. Et puis ce n’est pas mon heure non plus ; en fait, c’est une drôle de journée, un voyage blanc. Pourtant, je suis persuadé que j’ai regardé le paysage, le poids du blanc, avec une acuité et une vacuité réunies, et ceci est certainement le fruit de mes lectures poétiques. Emmitouflé de poésie : un beau voyage !