Autofiction et Introspection
Habiter n’est pas impossible, mais c’est un vrai problème pour le narrateur. Il occupe des lieux sans jamais vraiment y entrer. Maison, atelier, villes traversées : ils existent, mais restent comme à distance. Il imagine que peindre ou écrire l’aidera à habiter autrement, à investir un espace intérieur qui compenserait l’absence d’ancrage. Mais cela demeure du côté du fantasme. Le réel, lui, continue de glisser, indifférent.
C’est de ce décalage que naissent ces fragments. Écrire pour traverser l’évidence, pour examiner ce qui ne s’examine pas. Écrire comme tentative d’habiter, sans garantie d’y parvenir.
articles associés
Carnets | septembre 2024
13 septembre 2024
À la croisée de la lucidité et de la consternation, l’auteur revient sur sa difficulté à surmonter ses propres échecs créatifs. S'inspirant du livre de Pierre Bayard et de réflexions personnelles, il interroge la place de l’écriture dans cette quête de sens, entre tentatives ratées et éclairs de lucidité. Un regard introspectif sur l’alchimie de l’échec et de la réussite dans le processus créatif.|couper{180}
Carnets | septembre 2024
12 septembre 2024
La coïncidence existe, et c’est tout. À partir de cette simple vérité, l’auteur s’interroge sur le besoin humain de contrôler, de rendre scientifique ce qui échappe à notre compréhension. En parallèle, il partage ses réflexions sur la lucidité dans la création artistique et l’écriture, un processus marqué par la consternation, la réflexion et l’amélioration. La lucidité est-elle l’ennemie de la création ? Ou est-elle simplement le miroir qui nous renvoie nos échecs, sans nous donner les moyens de les surmonter ?|couper{180}
fictions
Le Savoir Perdu : Une Solitude au Milieu des Noms Oubliés
Le malaise de ne pas savoir, de ne pas pouvoir nommer les choses qui nous entourent, pèse sur le narrateur. Entre la ville et la campagne, il reste étranger, incapable de s’intégrer pleinement dans un monde où le savoir semble être une barrière plus qu’un pont. Ce texte explore les tensions invisibles entre ceux qui savent et ceux qui cherchent encore, dans un dialogue silencieux avec le paysage et ses habitants.|couper{180}
Carnets | septembre 2024
09 septembre 2024
L’auteur nous emmène dans une série de rêveries nocturnes et de réflexions diurnes, où la frontière entre le songe et la réalité s’estompe. À travers des événements ordinaires — un marché, un rêve, un souvenir — il explore la question de l’errance mentale et du changement permanent, sur fond d’une quête personnelle de sens et d’authenticité.|couper{180}
Carnets | septembre 2024
8 septembre 2024
À travers des rêveries nocturnes et des rencontres au marché, l’auteur oscille entre l’oubli et la mémoire. Entre l’Atlantide qui sombre, le mythe de Cassandre, et les réflexions sur l’immortalité, c’est une plongée dans l’esprit, où chaque geste et chaque souvenir renvoient à une réalité en constante métamorphose.|couper{180}
Carnets | septembre 2024
07 septembre 2024
À travers une réflexion inspirée par la notion de « dilapidation de la parole », l’auteur aborde la vanité de la condition humaine, vue à travers le prisme littéraire. Entre la gestion des mots et leur usage excessif, se pose la question de la résistance à une parole dominante et uniforme, offrant ainsi une critique poétique et théâtrale de l'existence.|couper{180}
Carnets | septembre 2024
06 septembre 2024
De l'expression « entrée en matière » à la bien-traitance en passant par des réflexions sur l’évolution de notre rapport au langage, ce texte questionne la façon dont nous abordons les sujets, organisons nos pensées, et structurons nos actions. Entre humour et réflexion, l’auteur s'interroge sur la manière dont les mots façonnent notre perception des choses, parfois à notre insu.|couper{180}
Carnets | septembre 2024
05 septembre 2024
L’art de vivre et de comprendre le monde passe par la langue et la clarté de l’esprit, mais quand cette lucidité s’étiole, que reste-t-il ? Entre la nostalgie des langues mortes et la déconstruction du monde moderne, ce texte s’interroge sur le rôle de la connaissance et des mythes anciens pour donner du sens à notre époque, submergée par des récits contemporains absurdes et effrayants.|couper{180}
Carnets | septembre 2024
2 septembre 2024
Dans un monde où tout semble programmé, où la fatigue et les mots d'ordre rythment le quotidien, il y a ceux qui résistent. Ce texte explore la tension entre conformité et singularité, la lutte pour se distinguer tout en restant connecté aux autres, et la quête d'un équilibre fragile entre réel et imaginaire. À travers cette réflexion, l'auteur questionne la place de l'intuition et de la perception dans un univers où les réponses semblent toutes faites.|couper{180}
Carnets | septembre 2024
1er septembre 2024
La fatigue et le dégoût deviennent des révélateurs d'une vérité plus profonde dans ce texte introspectif. À travers des souvenirs d'enfance liés à la nourriture et à la vie familiale, l'auteur explore le lien entre la faim, le dégoût et la recherche de sens dans un monde où la course au quotidien semble sans fin. Que reste-t-il de cette quête une fois la fatigue installée ?|couper{180}
Carnets | Mars 2024
2 mars 2024
Entre réflexions matinales et confrontations discrètes, le narrateur navigue dans un espace de tensions invisibles, là où les gestes les plus banals deviennent des terrains de lutte silencieuse.|couper{180}
Carnets | décembre 2023
10 décembre 2023
Plus il écrit, plus il a l’impression de creuser quelque chose en lui, une veine de honte qui ne se tarit pas. À force, il se dit qu’elle finira peut-être par s’épuiser, que toute honte sera un jour bue, piétinée, recouverte, et qu’alors il ne restera qu’un trou, un morceau manquant dans la roche. À l’inverse, les jours où il n’écrit pas, il se sent se ratatiner, se durcir, un arbre tordu par le vent qu’on aurait laissé pousser sans soin. Il fantasme une fierté sèche : écrire peu, mais “important”. Il voit bien que dans un cas comme dans l’autre, au bout, c’est le vide qui l’attend, soit par excès, soit par manque. Cette oscillation l’épuise plus qu’elle ne l’éclaire. Elle se double d’une autre : l’impression d’être en exil sans pouvoir dire d’où exactement. Il regarde les gens raconter leur vie, ils ont le chic pour lui donner une forme, une ligne, ils en tirent une substance, quitte à en inventer une partie. La fiction semble pour eux un réflexe naturel. Lui cherche d’où lui vient ce sentiment d’être toujours à côté. Il remonte la chaîne. Il se souvient du regard de sa grand-mère, de celui de sa mère, ces yeux qui semblaient déjà regarder depuis un ailleurs. En se penchant sur le miroir de la salle de bain, il retrouve cette trace : mêmes yeux, même fatigue ancienne, quelque chose comme un regard d’exilé. On dit “juif errant”, il pense “juive errante”, d’abord. C’est surtout de là que ça vient : de ces femmes qui ont porté la fuite, l’inquiétude, la sensibilité trop vive, et qui lui ont passé tout cela sans mode d’emploi. Il a longtemps caché ce legs sous des emprunts masculins : le désordre assumé du grand-père, les colères du père, des manières de se tenir debout qui faisaient écran. En dessous, il se sentait surtout comme une coupe vide dans laquelle chacun venait déposer quelque chose : attentes, peurs, reproches, confidences. Le “toi” des psaumes – “c’est pour toi que je porte l’opprobre” – restait indéfini. C’était pour qui, au juste ? Pour la famille, pour un dieu lointain, pour on ne sait quel regard ? Pendant des années, avoir un toit stable lui a été difficile. Le malaise n’était jamais aussi léger que dans une chambre d’hôtel, lieu impersonnel par excellence, où rien ne lui appartenait vraiment. Il a fini par comprendre qu’un blog fonctionnait pour lui comme ces chambres louées au mois : on s’y installe pour un temps, on y laisse quelques affaires, quelques textes, et puis, quand la coupe est pleine ou qu’un événement vient tout déranger, on nettoie tout, on efface, on ferme la porte et on va ailleurs. L’absence de racines devient mode de vie. Hier encore, à C., il se tenait devant quatre élèves seulement, au lieu de sept. Ils avaient apporté de l’enduit pour boucher les trous des petits panneaux, on travaillait sur De Staël. Les formats qui tenaient le mieux étaient presque monochromes, avec ce fond noir qu’on ne voyait plus qu’en lisière, aux confins des formes épaisses. Il a essayé d’expliquer ce qui l’intéressait là : la frontière. Le moment où une couleur en rencontre une autre, se heurte, se fond, recule. Jouer avec cette limite, l’accentuer puis l’effacer à coups de va-et-vient, comme chez Rothko, où l’on ne sait jamais très bien où finit un champ et où commence l’autre. En parlant, il a compris que c’était la même chose en écriture : une histoire de frontières. Celles qu’on pose – plus ou moins honnêtement – entre fiction et réalité, entre ce qu’on ose dire et ce qu’on garde dessous, entre le profane et le sacré. Comment les tracer, quand les franchir, quand les faire disparaître au point que leur absence devienne elle-même une forme de présence, un bord menaçant ou désiré. Au fond, il écrit comme il habite les lieux : à la limite. Entre la honte et l’orgueil, entre le dedans et le dehors, entre la maison impossible et la chambre d’hôtel, entre le regard hérité et la page blanche. Ce qui lui reste, ce n’est pas un territoire, c’est cette ligne mouvante où il avance, un pied de chaque côté, en essayant de ne pas tomber tout à fait ni d’un côté ni de l’autre.|couper{180}