L’oublié
Revenir au début, à cette nudité, à l’oublié. Si c’est de l’espoir ce sera faux encore. Si c’est un pansement, pareillement — une illusion, une invention, pareil. Tu n’es pas obligé de choisir ni d’analyser. Tu peux rester là comme ça. Nu dans l’oublié.
Tu sais, rien n’a plus de sens lorsque tu dis à toi. Tu n’as plus rien à toi depuis longtemps. Ce qui fut à d’autres tu ne peux pas le déclarer tien.
Il faut que tu acceptes de perdre cette façon de dire à moi.
Tu penses t’enfoncer mais tu restes en surface. De quoi as-tu peur puisque tu n’es plus rien ? Ni du mal ni du bien, ni de la honte enfin.
Et ce constat fait, vas-tu le triturer pour t’assurer que la chose est morte pour de bon ? Espères-tu encore en tirer quelque chose ?
Quoi ?
L’image. Celle qui dirait que le froid est là. Qu’il te pénètre jusqu’à l’os. Elle vient pour s’opposer. Tu veux encore la guerre sans le dire.
Tu louvoies.
Tu dis j’ai froid pour qu’on te plaigne. Et comme tu es seul, c’est l’autre en toi qui geint — et l’autre en toi qui te console.
Et quand soudain tu as tout vidé, cette puissance qui se rue pour t’effacer.
tu es son danger.
